Luttre: l’incendie après le cambriolage

La nuit du 15 au 16 mai 2015, Grégory, Arnaud et Kevin n’ont pas fait dans la dentelle. Pour le parquet, ils se sont introduits dans une habitation de Luttre pour commettre un vol et ont ensuite bouté le feu à la maison pour effacer leurs traces. Ils nient et plaident l’acquittement. Ce jour-là, les trois jeunes avaient passé la journée à la Ci- ty-Parade : ils avaient consommé de l’alcool, beaucoup, et des stupéfiants. Dans la foulée, ils ont eu une idée brillante : commettre un vol dans une habitation de la rue de l’Espinette à Luttre, dont l’un des trois savait qu’elle était vide suite au décès de la propriétaire. Un peu plus tard, une voisine a vu trois silhouettes s’enfuir, « des jeunes d’une vingtaine d’années », tandis que la maison s’embrasait dans les flammes.

2 ANS DE PRISON

Pour le substitut Damien Vervaeren, les trois prévenus sont bien les auteurs du vol -un GSM- et de l’incendie volontaire : il y a le témoignage de la voisine, bien sûr, mais pas seulement, il y a des empreintes digitales et de l’ADN de deux des garçons sur place. Et leurs explications ne collent pas : ils admettent être entrés dans la maison cette nuit-là, pour squatter ou pour faire la fête, mais nient le vol et l’incendie, alors qu’on a relevé deux foyers d’incendie. « Il faudrait alors imaginer qu’après leur départ, trois autres jeunes auraient eu la même idée et auraient mis le feu... Totalement invraisemblable ».

Le magistrat a donc requis 2 ans de prison à l’encontre des trois boutefeux...

L’ACQUITTEMENT SVP...

Côté défense, on ne trouve que deux des jeunes sur le banc de la prévention, le troisième n’est pas venu au tribunal. Du côté des avocats, on va très loin, en brandissant à la fois le doute et la présomption d’innocence : « Ils admettent s’être rendus sur place dans le but de voler, mais disent tous les trois qu’ils sont sortis sans rien emporter. D’ailleurs, on n’a pas retrouvé le GSM. Et puis, mettre le feu à une maison pour effacer ses empreintes, c’est quand même exagéré, d’autant qu’ils n’ont pas le profil de pyromanes. L’incendie est peut-être involontaire ? Ou ce n’est pas eux ? Ou ce sont les ayants droit car il y avait un problème de succession ? On ne sait pas ce qui s’est passé, il n’y a pas de preuve ». Les avocats ont donc plaidé l’acquittement et, à titre subsidiaire, une peine de travail. Le jugement sera rendu le 3 septembre prochain.

Article de AN.D dans la Nouvelle gazette du 5 juin 2018

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