CINQ FOIS PLUS DE PARTENARIATS LOCAUX DE PRÉVENTION EN FLANDRE QU’EN WALLONIE (PLP)

Pont-à-Celles,sudinfo,johnny,vandeplas,nouvelle,gazette,charleroi,2018,janvier,23

Le PS refuse les shérifs de quartier : « Conflits de voisinage garantis ! »

Il y a 1.087 partenariats locaux de prévention (PLP) en Belgique. Soit un accord entre les citoyens d’un quartier et la police, aux termes duquel les premiers informent les seconds de faits suspects dans leur quartier

Comme vous pouvez le voir dans le tableau, ces PLP sont surtout populaires en Flandre : il y en a cinq fois plus au nord qu’au sud du pays : 895 en Flandre contre 184 en Wallonie… et 8 à Bruxelles. Rien que dans la province d’Anvers, on compte près de la moitié (487) des partenariats du pays : plus de deux fois plus que dans toute la Wallonie ! Au sud, c’est dans le Hainaut (57) que l’on en trouve le plus, mais la palme revient au Brabant wallon (43) si l’on compare le nombre de PLP avec la population des deux provinces

Une partie de ces PLP est passée avec des commerçants/indépendants (pharmacie, commerces, etc.). On en compte 146 en Flandre, 10 en Wallonie et un seul à Bruxelles

Comment expliquer ces disparités Nord-Sud ? «Aucune étude n’a été menée pour l’expliquer objectivement », reconnaît-on au cabinet du ministre de l’Intérieur, Jan Jambon (N-VA). « La partie francophone du pays était jusqu’à récemment plus « frileuse » quant au concept. Les mentalités évoluent grâce notamment au travail de terrain de la police locale. »

M. Jambon reste par ailleurs très prudent par rapport à une proposition de loi du MR qui aimerait faire monter ces PLP en puissance, en suggérant de confier au citoyen qui coordonne un PLP un rôle de constatateur de certaines infractions, soit celles qui entrent dans le champ d’application des sanctions administratives communales (sortir ses poubelles le mauvais jour, tondre le dimanche, etc.). « Cela mérite en tout cas d’être analysé dans le détail et de voir la compatibilité avec d’autres lois en vigueur », réagit son cabinet.

LE PROJET QUI FÂCHE LE PS

Pour le PS, c’est tout vu et c’est un grand non à ces « shérifs de quartier ». « Si on commence à laisser une personne, même si on la forme, sanctionner ses voisins, on aura des conflits de voisinage bien pires que ce que l’on doit gérer aujourd’hui », commente Marc-Jean Ghyssels, le député- bourgmestre socialiste de Forest. « Il y a des fonctions régaliennes qui doivent le rester et être remplies par les autorités. Je prends cela comme une nouvelle tentative d’imposer une mesure pour ne pas investir là où il faut. On risque en outre d’avoir des constatations qui n’auront pas la qualité requise et seront inutilisables. Le MR ferait mieux de taper sur la table pour renforcer les rangs des policiers, ce qui permettrait de rendre aux agents leur fonction d’agent de quartier(…) Je suis souvent interpellé par des citoyens qui voient des incivilités : ils font passer l’info, mais ne veulent pas d’ennuis avec leurs voisins ! »

Article de DIDIER SWYSEN dans la Nouvelle Gazette du 22 janvier 2018

Les commentaires sont fermés.